RPGaDAY 2018 #2

Suite des réponses au défi RPGaDAY 2018 pour les membres de l’association.

7. De quelle façon un MJ peut-il rendre les enjeux plus importants ?

Laurent – Rendre un enjeu plus important ? C’est justement pas tout l’intérêt d’un enjeu ? Apporter à la fois le risque et la motivation pour les personnages des joueurs ?

Pour moi, chaque objectif d’une partie doit être lié à un enjeu particulier pour les personnages. En fait, quand vous vous demandez pourquoi les joueurs ne s’intéressent pas au scénario, c’est sans doute parce que vous n’avez pas apporté assez d’enjeux.

Boris – La réponse simple serait de dire en les augmentant. Mais une fois que l’on a sauvé son village, son pays, son continent, son monde, son univers, il ne reste plus rien à faire.
Je vois plusieurs possibilité :

  • Lier les enjeux aux destin des personnages, on obtient quelque chose de plus important. Et en plus si tout les personnages ont des enjeux différents mais compatible on obtient une cohésion de groupe.
  • Insérer des choix moraux impossible (sauver des esclaves en fuite ou aller sauver un Pj en mauvaise posture. En sachant qu’un choix amènera à une mort quasi certaine de l’autre).
  • Mélange des deux précédent. Créer une dissension entre les personnages. Leur donner des enjeux opposé et incompatible. Au moins un membre du groupe se retrouvera lésé.
  • Aller lire les réponses des autres pour avoir plus d’idées. C’est à ça que sert les RPGaDay, non ?

8. Comment faire pour attirer plus de joueurs dans le hobby ?

Laurent – En faisant découvrir le jeu de rôle dans des lieux publics comme des médiathèques, des salons « geeks » ou des événements littéraires. Nous y avons toute notre place. Le jeu de rôle est le chaînon entre la littérature et le jeu, il permet d’explorer tous les recoins d’un univers de fiction. Mais faire découvrir le jeu de rôle, parler de jeu de rôle, ça ne s’improvise pas et le rôliste moyen est souvent le premier à donner une image « repliée » de ce loisir. J’en ai déjà parlé en nous accusant un peu d’être les premiers responsables du manque de popularité de notre loisir, mais ce n’est pas difficile d’inverser cette tendance et de montrer que toutes ses idées sur le jeu de rôle sont souvent des clichés largement dépassés.

En revanche, faire découvrir le jeu de rôle, ça n’est pas simple. Il faut y consacrer du temps, préparer convenablement ses interventions, se documenter sur pas mal de choses. Jouer aux jeux de rôle pour une première ne demande pas une imagination débordante : tout le monde à tout âge peut jouer, il faut juste présenter le tout avec un discours clair, pédagogique, cohérent et animer une partie dans l’idée de faire découvrir le jeu.

Boris – Le jeu de rôle ne vend pas autant de livre que les romans à succès, ne fait pas l’affiche dans les cinéma… Ce hobby manque de visibilité. Mais pas que, il est poursuivit par des préjugès assez tenace et tout comportements inadapté de certaines rôlistes sont toute de suite incombé à toute la communauté (le lot de toutes les minorité en somme). Et le jeu de rôle est parcouru de problèmatique bien sympa comme le sexisme et d’autres trucs bien sympa dans le genre. Le JdR est majoritairement un médias d’homme hétéro cis valide (comme un peu près tout les autres loisirs).
Pour attirer plus de joueurs il faut donc de la communication (autant profiter du succès annoncé de Cyberpunk 2077, premier jeu triple A adapté d’un jeu de rôle), et aussi faire de la pédagogie interne et externe au milieu. Ce qui est fait par exemple par le mouvement « et pourtant elle jouent », sensibilisant à la problématique sexiste au sein des communauté de jeu de rôle.

9. De quelle façon un jeu vous a-t-il surpris ?

Laurent –  Feng Shui, que j’ai acheté un peu par hasard à une époque où je regardais beaucoup de films d’actions de Hong Kong. Jusqu’alors, j’étais très attaché au côté technique des combats, en gros, soit je jouais à un jeu « belliciste technique » (AD&D, Cyberpunk, Rolemaster…) soit à un jeu « d’atmosphère sans techniques » (Cthulhu, joué souvent sans les règles comme Vampire et d’autres). Feng Shui m’a fait découvrir que le combat pouvait ne pas être technique et, comme dans un film d’arts martiaux, il était possible de s’attarder à décrire ce qui se passe plus que techniquement comme ça se passe. 

Feng Shui m’a surtout donné une habitude : ne plus prendre la place de mes joueurs à la table. Oui, vous savez, de moment quand certains s’adressent à vous le regard vide en attendant que vous expliquiez ce qu’il se passe parce qu’il a lancé les dés. J’ai découvert l’autorité partagée avec ce jeu, laissant de plus en plus de place aux joueurs pour interpréter leurs résultats et composer le décor dans lequel ils sont. Et la seconde édition arrivant à grands pas en français ? Que demander de plus alors ?

Boris – Apparaissant comme un gloubibouga d’inspiration d’apparence incompatible, ça a pourtant été ma plus grande surprise de ces dernières années. Je parle de Knight un jeu de rôle horrifique survivaliste super héroique, avec de la science fiction, du fantastique et une touche de légende arthurienne. Les illustrations sont magnifique, l’univers passionnant et le jeu excellent.

10. De quelle façon ce hobby vous a-t-il changé ?

Laurent – Scolairement quand j’étais lycéen, pas mal de choses, mais le temps consacré à ce loisir a sans aucun doute nuis à d’autres ! J’ai développé une grande aisance à la lecture en anglais, je me suis intéressé à des périodes historiques sans pour autant en retenir toutes les dates et j’ai développé aussi un goût pour la lecture… Avant de m’intéresser aux jeux de rôle, je ne lisais que très peu, j’ai attaqué le Seigneur des Anneaux après quelques parties de L’Oeil Noir au compteur. Mais, j’ai sans doute redoublé ma première parce que je passais trop de temps à jouer.

J’ai compris les apports du jeu de rôle que très récemment : j’ai encadré un service informatique pendant huit ans sans expérience managériale avant, et finalement, gérer des gens, c’est comme gérer des joueurs ! Le jeu de rôle développe beaucoup de compétences importantes professionnellement : ne serait-ce que d’avoir de l’aisance en public, mais aussi être capable de diriger une réunion , de prévoir, d’anticiper, de synthétiser… Le jeu de rôle est aussi un très bon terrain d’entraînement pour apprendre à négocier et apprendre à s’adapter aux situations les plus imprévues.

Boris – Le Jeu de Role m’a permis de m’exprimer en public (je suis timide maladif), d’améliorer ma capacité d’adaptation (de toutes les résolutions que vous avez prévus pour votre scénario, vous joueurs vous étonneront toujours). Il m’a permis de faire des rencontres formidable. Sans le jeu de rôle, je ne serais pas la personne que je suis.

11. Le nom le plus fou de personnage que vous ayez vu ?

Laurent – Je ne me souviens plus, mais j’ai joué à une table où les noms des personnages, joueurs et non-joueurs, venaient toujours d’anagrammes de produits posés à table ou d’éléments présents dans la salle de jeu… De mémoire l’un des joueurs avait à AD&D un personnage dont le nom était issue de « Jus d’Orange Pampryl » genre « Pramyl de Jorugeas »

Boris – Rouman Omkinl, j’ai mis du temps à comprendre pourquoi. Collez les deux mots et peut être que les fans de Nintendo comprendront.

12. Le concept le plus fou de personnage que vous ayez vu ?

Laurent – A Star Wars D20, un ewok pilote qui touchait les pédales de son vaisseau avec des cales en bois. Mais à cette table, on avait un PJ de compétition : un chasseur de prime extra-terrestre qui cherchait « prime »… Il croyait que « prime » était le nom donné à des créatures qui changeait d’apparence et qu’il devait chasser…

Boris – Un voleur tout ce qu’il y a de plus classique… Mais, avec une dissociation de personnalités. Il lançait 1D20 à chaque réveil pour savoir qui il allait interpréter. En sachant que chaque personnalité avait ces aspirations, ses goûts, ses habitudes… Non, il ne pouvait pas se transformer en bête.

D’autres réponses ?

En attendant la suite des réponses, voici les réponses d’autres membres de l’association ou d’amis rôlistes du web qui participent au RPGaDAY 2018.

Laurent Gärtner

Rôliste depuis plus de 25 ans, j'ai découvert le jeu de rôle à l'époque où L'Œil Noir se vendait en librairie, où Casus Belli publiait SimulacreS et Laelith et où les figurines Ral Partha se vendaient à 10f.

Les derniers articles par Laurent Gärtner (tout voir)