Les Chants de Loss

En février, nous avions lancé un sondage sur les jeux de rôle francophones attendus en 2018. En seconde place, se trouvait Les Chants de Loss, un jeu de rôle Da-Vinci-Punk qui vous propose de partir à l’aventure dans un monde hostile. Depuis le 2 mai, le financement participatif est lancé et après 10 jours, le projet, déjà financé, a atteint le montant de 26.620€. Chaque nouveau palier apporte des améliorations aux livres comme des textes d’ambiance supplémentaires ou des illustrations, mais aussi, régulièrement, des accessoires complémentaires :  la carte du monde de Loss et les dés aux couleurs du jeu ont déjà été débloqués.

Vous pouvez financer Les Chants de Loss sur la plateforme Game on Tabletop jusqu’au 7 juin 2018

Les Chants de Loss, c’est le travail de trois autrices :

Axelle «Psychée» Bouet : illustratrice, créatrice et romancière. Les Chants de Loss sont nés de son imaginaire enfiévré, suite à une discussion intime avec Igor Polouchine. Ce qui en a résulté est ce monde un peu fou ; la somme comme elle aime à le dire «de ses pires rêves et ses plus magnifiques cauchemars».

Alysia Lorétan : maquettiste et graphiste, rôliste devant l’éternel, elle assure depuis le début la participation au projet. Certains des personnages des romans sont nés de son imaginaire et elle a coécrit plusieurs des chapitres majeurs du jeu de rôle. On lui doit les concepts et règles sur le Chant de Loss, le chamanisme et une partie du metaplot de l’univers.

Emilie Latieule : chargée de Ressources Humaines, poétesse et essayiste, mais aussi Conteuse de Vampire Grandeur Nature au sein d’une association et d’une fédération nationale. Jawaad et Sonia, les personnages des romans, sont sa création. Elle a rédigé la presque totalité des chapitres sur le matériel et les objets rares et légendaires du monde de Loss.

A l’occasion de ce financement, Axelle a accepté de répondre à nos questions :

Laurent – Les Chants de Loss propose un univers assez loin des univers traditionnels de fantasy ou de steampunk en couvrant une thématique très rarement exploitée correctement, la renaissance et le cape et d’épée. Quelle a été la réaction des premiers joueurs qui ne connaissaient pas déjà ce travail à la découverte de l’univers ?

Axelle – En fait, il suffit souvent de parler de héros, de légende, de navires lévitant, de créatures géantes, de piraterie de cultures exotiques et d’aventures maritimes, et c’est plié, on capte vite l’attention des joueurs venus essayer le jeu, par exemple en convention pendant les parties de démo. L’ambiance aventurière et le système de jeu qui joue sur le pari de réussir des actions héroïques fait le reste une fois qu’il est testé. Dans l’immense majorité des cas, cet univers vu comme à cheval entre une sorte de low fantasy et de cape et d’épée exotique est accueilli avec enthousiasme, encore plus une fois que le système de jeu est testé et mis en œuvre pendant une partie.

Parfois, ça n’a pas été le cas pour ceux qui pensait jouer à du « bon vieux med-fan ». Oui, il y en a eu. Là, de suite, leurs attentes étaient déçues ; sans magie, chasse aux pièces d’or et objets magiques, sans races classiques comme les elfes et les nains, c’est clair que Les Chants de Loss ne correspond pas du tout à cette idée. Mais vraiment, c’est le seul réel cas, basé sur un manque d’information des testeurs qui se sont inscrits sans trop savoir à quoi ils allaient jouer. On n’a jamais eu de retour négatif quand on a fait découvrir le jeu et l’univers et seulement, de temps en temps, quelques suggestions techniques, qui nous ont bien aidées !

Laurent – Le succès du jeu vient aussi du fait que tu as acquis une communauté très fidèle autour de ce projet grâce à une communication très soutenu ces dernières années sur ton blog et les réseaux sociaux. Je me rappelle une critique d’un détracteur il y a quelques mois comme quoi, tu « tuais » le jeu en le proposant gratuitement sur ton site. Pourquoi avoir opté pour ce partage gratuit de l’intégralité du jeu ? La version éditée comportera-t-elle une différence ? Et une fois le jeu publié, est-ce que toutes ces ressources seront encore disponibles ?

Axelle – Tiens, c’est marrant, cette question revient souvent, en fait ! Alors, première rectification, on n’a jamais proposé l’intégralité du jeu gratuit, même si dans les faits, on en a proposé plus de 80%. On s’est gardé deux choses : le métaplot et les secrets de Loss, pour qu’ils soient le moins diffusés possible, puisque ce métaplot gâcherait aussi bien le plaisir de le découvrir pour un joueur, que pour un lecteur des romans. Et la seconde chose, ce sont des contenus complets avec des éléments supplémentaires qui émaillent tout le jeu et les suppléments. La version beta et prépublication gratuite n’est donc pas la même que la version finale, y compris dans les contenus, et pas que la présentation, maquette et illustrations. Ce qui répond à une autre de tes questions.

Et pourquoi on l’a fait ? Je pourrais dire parce qu’on pouvait mais heu… je vais me faire tuer si je me contente de cela. La véritable raison est un choix de transparence, une tactique commerciale très honnête et que je sais très payante si bien gérée, par expérience professionnelle. Plutôt que de faire du teasing sur des extraits réduits et jouer sur le fantasme et attirer la convoitise, on joue sur la réaction d’enthousiasme et de gratitude des fans : ils ont eu tout le produit dans sa version beta en main, ils peuvent en juger et en parler en sachant que le produit fini sera ce qu’ils ont eu en main, mais en encore mieux ! Leur engouement est aussi honnête et fondé que notre démarche est franche et transparente. Et ça marche ! Il y a déjà des groupes de jeu du JDR depuis plus d’un an… je crois presque deux ans. Et ces groupes ont été les premiers à se jeter sur la version collector pour avoir le jeu complet édité et les premiers à parler de nous et faire notre pub. Nous n’avons aucunement tué notre jeu, je crois que la preuve est le succès de la campagne, non ?

Quant aux ressources et contenus disponibles actuellement, ils le resteront après la campagne et vous en verrez d’autres arriver puisque nous allons continuer à vous faire profiter de bouts entiers de nos prochains suppléments sous forme d’articles et aides de jeu, avant qu’ils ne soient finalisés et disponibles.

Laurent – Et la suite ? Tu as commencé à parler d’un supplément sur Armanth. La fréquence de sortie des suppléments est déjà établie ?

Axelle – On travaillait encore dessus hier soir, pour réorganiser sa pagination et ainsi vérifier ce qu’on garde ou qu’on écarte de tout ce qui a déjà été rédigé. On y travaille depuis, je crois 7-8 mois ? Il avance très bien et là, on a une très grosse moitié de son contenu finalisé. En fait, il pourrait avoir bien plus avancé que cela, mais si Alysia et Emilie bossaient dessus, moi, je devais me concentrer sur toute la finalisation du jeu de rôle et la gestion d’équipe et de direction artistique, avant le lancement de la campagne.

Alors, est-ce qu’on a une fréquence de sortie claire ? Non. C’est vraiment très très compliqué d’établir un planning strict et surtout de l’assurer. Je l’ai découvert à mon corps défendant et ce n’est pas faute d’écrire plus vite encore que je ne dessine ! Mais je dirais à priori que, pour les deux premiers gros suppléments, ils sortiront, si la campagne est un succès qui le permets, au printemps 2019 comme le JDR. Ensuite, ce sera un par an pour les trois autres, avec sans doutes en parallèle de petits suppléments qui seront soient édités, soit distribués en PDF.

C’est qu’on a derrière nous un sacré contenu de gamme, mais vu le boulot que cela représente, tout dépend du succès de la campagne de financement participatif. Car plus elle réussit, plus nous pourrons consacrer de moyens mais surtout de temps aux Chants de Loss, bien sûr ! C’est aussi cela que les participants financent.

Si vous voulez en savoir plus sur les Chants de Loss, une page du site officiel propose une description très précise du jeu.

Projet de paravent du jeu de rôle Les Chants de Loss
Projet de paravent du jeu de rôle Les Chants de Loss – réalisation Axelle « Psychée » Bouet

Illustrations extraites du jeu

Laurent Gärtner

Rôliste depuis plus de 25 ans, j'ai découvert le jeu de rôle à l'époque où L'Œil Noir se vendait en librairie, où Casus Belli publiait SimulacreS et Laelith et où les figurines Ral Partha se vendaient à 10f.

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