Friponnes RPG, le kit de démo

Avant de commencer je tiens à souligner que la critique qui suit, a été réalisée sans avoir lu les romans. Le but ici n’étant pas de savoir si oui ou non l’univers des romans à bien été retranscrit dans le jeu ou voir si tout est « conforme ». Bref, l’idée est de se faire une première impression sur le jeu en lui-même.

Une première impression du kit

Nous sommes donc en présence d’un kit d’initiation d’un peu moins de 90 pages en téléchargement gratuit sur le site de l’éditeur. Une précédente version imprimée était disponible pour la modique somme de 16€ avant la sortie du jeu de rôle complet. Ça commence plutôt bien, un format carré rappelant celui de « FU, le jeu de rôle », utilisé par ailleurs comme système de jeu. La couverture est plutôt jolie, le trait de crayon des dessins de Jahyra est fort agréable, travaillé juste comme il faut. Le tout sur un dégradé pastel bleu. Bref une présentation sobre qui donne envie d’ouvrir le livre pour se faire initier. En quatrième de couverture un avertissement nous met en garde sur un contenu explicite. Et je confirme, il s’agit bien d’un jeu pour personne avertie. Un petit logo 18+ aurait pu être une blague sympa ou simplement une mise en garde plus visuelle. La mise en page intérieure est tout en noir et blanc, sans doute un choix financier pour rendre plus accessible le kit, choix validé. On a une très belle carte, certes sommaire, mais efficace, c’est un vrai plus dans un kit comme ça. Néanmoins je regrette le manque d’illustration car même si une frise est présente en partie centrale ainsi qu’un fripon et une friponne en encart sur chaque page, on ne retrouvera malheureusement que le contenu de la couverture sur les fiches des personnages pré-tirés et sur quelques rares pages. Effectivement, c’est un choix. J’espère que dans la version complète, on pourra avoir plus de ces magnifiques dessins.

Passons à la partie la moins flatteuse : la rédaction. Alors, oui il est vrai que je ne suis pas un littéraire, ni un champion d’orthographe ou de grammaire (merci Word, Laurent et ma femme pour les corrections), mais là, j’avoue que même moi, c’est pour dire, j’ai malheureusement relevé bon nombre de fautes de frappe et de mots manquants. Cela m’a beaucoup surpris sachant qu’il s’agissait d’un JDR fait par un auteur qui utilise un langage riche et varié. Et en y regardant de plus près on constate que toutes ces fautes ou mots disparus sont dans la partie « règles », pas dans la partie « monde ou univers ». Un peu comme si 2 personnes avaient rédigé l’ouvrage avec chacun sa partie… Bon maintenant la vraie question est : est-ce que cela gêne la lecture ? Non, en aucun cas ! Seuls les puristes du Bescherelle pourraient crier au scandale. Mais franchement il serait vraiment dommage de s’arrêter sur ce détail. Si je puis me permettre, je suggérerais tout de même à l’auteur une relecture de l’ouvrage. Cela en espérant que dans la version complète il n’y est pas le même problème.

Un autre petit bémol sur la rédaction. C’est peut-être moi qui n’ai pas bien compris. Page 9, une petite note nous indique que tous les fripons seront grammaticalement désignés comme des friponnes. Or en cours de lecture on passe du féminin au masculin en parlant « des aventuriers » sans vraiment être cohérent sur le choix initial. Personnellement, j’aurais assumé le choix jusqu’au bout, et tout rédigé au féminin. Je pinaille encore une fois sur un détail inutile, mais je pense que la lecture n’en aurait été que plus fluide.

Le système de jeu

Le système de jeu. Il est fidèle à son grand frère « FU, le jeu de rôle » et plutôt bien approprié au vu de l’univers. Pas de combat à rallonge avec des formules compliquées. Une poignée de dés à 6 faces suffit pour jouer. Donc pour faire court en fonction du résultat du dé on retrouve la table avec les réussi, échec, oui mais, non mais etc… on notera une utilisation astucieuse des points de FU convertis ici en point de peps. J’apprécie fortement, l’idée d’aiguiller un maitre de jeu débutant, qui voit sa table bloquée devant une énigme, qui certes lui parait évidente, mais qui bloque le déroulement du scénario. Dire voilà une partie de la solution, mais cela vous coûtera un point de peps. Merci d’avoir pensé à intégrer ça. Plus d’un joueur sera content d’être débloqué devant cette vieille armoire grinçante, en bois pourri, qui cache un tout petit bout de papier qui sert de cale, et sans lequel le scénario est complètement bloqué… arrrrggg (cris d’exaspération).

Pour le reste du système de jeu on retrouve aussi de la magie, avec des sorts inhabituels. Comme par exemple de la magie domestique pour faire le ménage. La magie est plutôt bien pensée dans son ensemble et au premier abord me paraît équilibrée. Les règles de la magie sont livrées dans une version dite simplifiée, elle reste tout de même un bon début pour commencer à jouer.

Pour clôturer sur la partie règles j’ai gardé le meilleur, la création des personnages. J’adore cette idée de pouvoir commencer une partie sans avoir fini la création d’un perso et de lui donner ses caractéristiques en cours de partie. Que l’on ait à faire à des débutants ou des joueurs confirmés, tous diront que le pire dans une partie de JDR, c’est la création des perso. Qui plus est dans un monde ou univers que l’on ne connait pas ou un jeu qu’on n’a jamais joué. Rien que pour ça, je placerais bien Friponnes RPG dans le top 10 des meilleurs JDR.

Les folandes !

Et l’univers de Friponnes RPG dans tout ça ? Je ne voudrais pas trop spoiler, ou voir être trop concis. C’est un vrai univers à part entière, on ressent bien que l’auteur du jeu est un auteur de roman. Son vocabulaire est recherché varié et plaisant à lire. Il nous invite dans son monde utopique de « mafia libertine ». Un monde où pour vaincre son adversaire on préférera lui filer la gastro ou le déshonorer en public plutôt que de le tuer. Un monde où on ne bosse pas pour de l’argent, mais par amour ou pour faire ce qui est juste et rendre service à son prochain. Bien sûr service que l’on ne manquera pas de réclamer un retour bien plus tard… la violence n’a que peu de place dans Friponnes RPG, ce choix est bien défini et assumé par des règles cohérentes avec le système narratif de FU. On peut dire que le mariage des deux entre Friponnes et FU est réussi. C’est un jeu où tomber amoureux est un réel objectif ! Un univers qui casse de nombreux codes et préjugés. Quoi qu’il arrive, je n’aurais pas le centième du talent de l’auteur, pour arriver à vous décrire cette utopie aussi bien que lui. En si peu de page il arrive vraiment à nous laisser entrevoir un monde riche et vaste dans lequel on pourrait faire des dizaines de scénarios avec à chaque fois de belle découverte. Le plus simple est de se procurer ses ouvrages.

On peut donc conclure que Friponnes RPG, le kit d’initiation remplit parfaitement sa mission. Il nous initie à un nouvel univers et nous donne vraiment envie d’en découvrir plus sur ces mystérieuses personnes au manteau légendaire.

J’aime

  • La création de personnage qui se fait en cours de partie
  • La nouvelle distillée en encart qui nous plonge dans l’ambiance
  • Les illustrations
  • La profusion d’idées de scénario à la fin du kit
  • Un kit vraiment complet

Je n’aime pas

  • Des fautes de frappe trop fréquentes
  • Pas assez d’illustrations

Un jeu de rôle d’Etienne Bar aux éditions Stellamaris – 86 pages – gratuit en téléchargement (PDF) ou 16€ si vous trouvez les kit de démo imprimé !

L’acheter sur le site de l’éditeur : Les éditions Stellamaris


Illustration : la carte de Libreterre par John Grümph extraite du jeu de rôle Friponnes RPG

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